Chez les Innus, le tambour est avant tout un outil de survie, un lien direct avec le monde du rêve. C’est le rêve qui déclenche le processus de se fabriquer un tambour. Après en avoir rêvé trois fois, le chasseur a l’impression qu’il va devenir meilleur.

Transcription et traduction
Le tambour traditionnel innu version française, 24:04, 2005
Le tambour traditionnel innu version anglaise 24:04, 2005
ANATOMIE DU TAMBOUR

Outils


Origine du tambour traditionnel innu
Transcription: Narration – Chez les Innus, le tambour est avant tout un outil de survie. C’est un lien direct avec le monde du rêve.
Jean-Baptiste Bellefleur – Ce monde a la particularité de faire voyager l’esprit à travers tous les différents mondes qui forment l’univers. C’est par le tambour et le rêve que l’on atteint le monde des animaux, dont Papakassiku, le maître du caribou.
Narration – Il y a un allié, un ami, dans le tambour, une voix qui aide le chasseur, qui lui indique où trouver le caribou.
Jean-Baptiste Bellefleur – Le mien est ici, quelque part. Chaque chasseur en a un qui peut l’aider s’il joue du tambour. Le rouge attire l’esprit du tambour, l’allié du monde du rêve qui aidera le joueur de tambour à trouver le caribou. Chaque chasseur en a un qui peut l’aider s’il joue du tambour.
Entrevue version longue avec Basile, Jean-Baptiste et Adélaïde Bellefleur
Fabrication du tambour
Préparation de la peau d’un jeune caribou
Dépeçage
Dépeçage du jeune caribou, version longue
Dégraissage
Épilage
Lavage
Tannage
Fabrication des pièces du tambour
Fabrication des pièces du tambour, version longue
Osselets de foetus

Assemblage
Assemblage complet d’un teueikan (ambiance rassemblement Mamu aitun)
Assemblage complet d’un teueikan (ambiance rassemblement Mamu aitun) suite…
Bâton
C’est Zacharie qui donna le bâton en os de caribou à son frère Jean-Baptiste pour jouer le tambour. Zacharie l’avait reçu de sa mère Madeleine après le décès de Penashue Bellefleur le père de famille. Madeleine la gardienne du tambour de Penashue a donné le bâton à Zacharie qui lui l’a donné à Jean-Baptiste car celui-ci avait fait ses trois rêves et pouvait jouer du teueikan.



Particularités
Chant de Jean-Baptiste Bellefleur
Dans le rêve, mon père me donne un plat et me dit qu’il vient me nourrir. C’est ce que les paroles de mon chant racontent. Dans la première partie, je parle de nourriture, du plat que mon père m’a donné. Je prends le plat, un grand plat, et je le place à côté de moi. Dans la deuxième partie, je raconte que mon père est toujours présent quand je chasse.
Ushkat e nikamuian, mitshim nuauiten, unakan ka minit nutaui. Ka-nutinenaua ne unakan ka-mishashapina ne unakan, ka nitashtanaua anite upime e apian. Nishuau e nikamuian, nuauinau nutaui nanitim etat natauki. Nekamuiani eshku eka natauian nimishta-uitshiku teueikan. Nanitam nuauitamuauat nuitsheuakanat ka natauht katshi puamiani, itenitamani : ne nipuamun tapitin anite e nataunanut, Nika ui natshi-uapatenan.
Mes trois premiers rêves ne m’ont indiqué que la structure du tambour ; je ne pouvais pas encore en jouer.
Nenu nishtuau e puamian. Muku tshiam kauauieshiua nuapatanikun tan tshe ishi-tutuku teueikan. Eshku apu tshi utamuku. (teueikan)
Longtemps plus tard, j’ai eu un autre rêve, un rêve beaucoup plus complet où je fabriquais mon tambour et où je connaissais ma chanson. Autrement dit, j’étais sensé savoir en jouer. Sauf que j’étais tout seul, pas capable de chanter.
Aishkat, minuat ekue puamian, ne eshi-puamian etatau-tshishtamakan nipuamun : nitutuau ne teueikan kie nitshisseniten ninikamun tshipa issishuemakan ne nipuamun : shash nipa tshi utamuau teueikan. Muk nipeikussin, apu auen tat, apu tshi nikamuian.
Dans un autre rêve, mes amis chasseurs à qui j’ai conté mon rêve, ainsi que les trois guides de mon rêve – ceux-là même qui m’ont vu chasser – m’ont donné la permission de jouer. D’un côté, il y avait mon grand père, d’un autre, mon oncle et, en arrière, mon père. Ils m’ont donné mon bâton. Je savais dès lors que je devenais joueur de tambour. Je reconnaissais le bâton de mon rêve. C’était celui que mon père avait reçu de son père.
Minuat e puamian, nuitsheuakanat kanatauht nuauitamuatiat nenu nipuamunu, anitshenat e nishtiti nuitsheuakanat, ka uapamiht e natauk maniht tshetshi utamumaki teueikana. Anite upime tepan nimushum eku anite kueshte nukumish, eku tetaut (nishpishkunit) nutaui.Kaniminikutshenat utamaikanashkunnu. Eukuan patush tshessenitaman tshetshi utamuku teueikan. Ninishtuapateti ne utamaikanashku peuataman. Eukuannu nenu nutaui ka minikut utauia.
Dans ce rêve où il y avait mon grand-père, mon oncle et mon père, je me suis vu en train de jouer du tambour. Mon père me parlait. En fait, il me transmettait les paroles de mon chant. Il faut dire que quand je chasse, je sens que mon père est toujours là, sans qu’on le voie.
Ka puatakau nimushum, nukumish kie nutaui, ka- nutamuaua teueikan nitishinen, Nutaui ka-nitaimikua muku niminikushapan nenu tan tshe itueuku. E natauian, nanitam nimatenimau nutaui. Nasht eka uapamiku nutaui ka-niminikua unakannu ka-nitakua : Tshinatshi-ashamitin. Ninikamun eteiman eukuan ka ishi-puamuian.
Liens entre le tambour et le monde du rêve
Entretiens entre jean-Baptiste et Anne-Marie André sur le tambour
Entretien entre Jean-Baptiste et Anne-Marie André sur le tambour (suite)