MASHTEUIATSH

La communauté de Mashteuiatsh est située sur la rive ouest du Pekuakami, ou Lac Saint-Jean, à 6 km de Roberval; on y accède par la route 169. Fondée en 1856, elle constitue donc la plus ancienne réserve innue. Avant d’être ainsi désignée, Mashteuiatsh, qui signifie « là où il y a une pointe », était déjà pour les Innus un lieu de passage et de rassemblement estival où la pêche était souvent fructueuse. 
À l’origine appellée « Ouiatchouan », la communauté porte le nom de Mashteuiatsh depuis 1985. Le nom populaire de « Pointe-Bleue » a longtemps aussi désigné la zone habitée de la réserve. 

Mashteuiatsh (résumé français) Alain Nepton et Evelyne St-Onge, 2000

Création de Mashteuiatsh (résumé français) Alain Nepton et Evelyne St-Onge, 2000, vidéo 04:51

Transcription

 Le lac St-Jean est assez grand, soit 30 par 50 kilomètres. Il se jette dans le Saguenay et par la suite le fleuve St-Laurent. C’est de l’eau douce. La réserve fut fondée en 1856. Les Innus avaient l’habitude de se réunir sur les pointes du lac pendant l’été pour pêcher et s’éloigner des moustiques. C’était un endroit très poissonneux où il y a de la uananish et du doré. Le but de la construction de la réserve était la sédentarisation des indiens. Il faut se rappeler que les Innus étaient nomades à cette époque. Le gouvernement fédéral disait que c’était pour favoriser le développement des indiens vis-à-vis la civilisation. Le gouvernement voulait que l’on devienne agriculteur et les terres autour du lac étaient très fertiles et propices à l’agriculture. On avait divisé les terres en lots et on a essayé d’intéresser les indiens à devenir agriculteurs. Et on en a donné aux Innus… mais ceux-ci n’était pas intéressés car ils vivaient plutôt dans le territoire, en forêt, presque toute l’année. Il y avaient des nations indiennes sur la rive sud du fleuve St-Laurent qui avaient été dérangées par la guerre d’Indépendance des États-Unis, l’arrivée des loyalistes et on leur cherchait un nouvel endroit où aller. Les missionnaires et les agents fédéraux ont mis en place du soutien pour attirer les Malécites et les Abénakis vers la communauté et en faire des agriculteurs et des sédentaires. On voulait donner un exemple concret de la possibilité de vivre de la terre. Suite à ces actions, et à l’arrivée de la semaine de travail de 40 heures, il y a eu plein de gens qui se sont mis à construire des chalets dans le territoire traditionnel. Notre territoire était pratiquement envahi par la villégiature, les pourvoiries, la chasse et les clubs privés. Ceci causait beaucoup de problèmes avec nos chasseurs et les villégiateurs sportifs. Les Innus ont demandé au conseil de bande de corriger la situation. On a mis alors en place un service territorial et des agents territoriaux. C’est d’abord une expérience unique au Canada. Les agents sont les représentants du conseil de bande. Ces agents ont un uniforme et travaillent pour le conseil de bande. Ces agents vont en forêt et essaient de régler les conflits entre autochtones et non-autochtones. Souvent, c’est une question de méconnaissance. On va les rencontrer en forêt. Il s’agit de voir si les gens sont respectueux des règlements. Ces règlements proviennent d’un code d’éthique que l’on a mis en place en 1987. Cette démarche vise à régler les problèmes avant qu’ils ne deviennent causes de disputes.

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